Artisan créateur de luminaire

2lement du luminaire Jeanne Sème le Lux de Luminophilie par Thierry Toutin artisan créateur de luminaire

Fabriquer de la lumière !

Quelle drôle d'idée !

Comment en vient-on à faire des luminaires ? 

Imaginez un peu, vous travaillez la nuit. Au service des urgences cardiaques. La lumière vous manque et vous ne supportez plus votre job. Vous avez des dispositions avec vos mains, une sensibilité accrue à la lumière et une folle envie de vous y coller !

Alors c’est parti…

L'amour de la lumière

Avant tout, il faut dire que j’ai une histoire d’amour avec la lumière. Depuis ma chambre d’ado avec ses posters et son bazars, était plutôt étudié en matière de lumière. Nombreux point lumineux, variation de l’intensité et des couleurs pas toujours judicieuses ! 

Partout où je suis passé où j’ai vécu, j’ai toujours fait attention à l’éclairage, à créer des ambiances agréables et conviviales. J’avais dans mon premier appartement une télécommande qui gérait tout l’éclairage. Je pouvais switcher d’un luminaire fonctionnel à ceux dédiés à une ambiance plus cosy. 

Je crois que mon épouse est tombée dans mes filets grâce à cette télécommande. Enfin, j’aime le croire…

télécommande blanche

Reconversion : Artisan créateur de luminaire

Alors comment on fait ? La reconversion est à la mode, mais concrètement comment devient-on fabricant indépendant de luminaires ? J’ai 40 ans, je suis sûrement en pleine crise d’adolescence tardive et je n’ai pas de conseillère d’orientation dans ma clinique.

Première étape : Brûler les ponts derrière soi. Je me fais virer et donc impossible de revenir en arrière. Pour être honnête, je ne suis pas sûr de l’avoir fait consciemment.

La grande aventure commence ! L’enthousiasme l’emporte ! Houra, je vais vivre des aventures incroyables ma vie qui était chiante à mourir va devenir palpitante, pleine de rebondissement…

Je me retrouve donc à somnoler sur les bancs de l’école. Ceux de l’AFPA pour devenir électricien et donc avoir des études me permettant de mieux comprendre les phénomènes électriques et surtout de pouvoir fabriquer. Bon OK, électricien en bâtiment ce n’est pas tout à fait l’idéal pour faire des luminaires modernes avec des LEDs. Electronicien aurait été plus conforme…

Une fois diplômé, me voici embauché comme électricien dans un groupe scolaire ! Je ne me suis jamais autant ennuyé que durant cette période, mais j’y conçois des prototypes. Ils sont constitués de ce que j’ai sous la main. Du plâtre, du cuivre, des fil électrique, de la peinture (je refais ma maison)…. Il faut être honnête, ce n’était pas terrible. Le designer de luminaire n’est pas encore né. Je n’avais rien compris à la lumière en fait.

Ampoule qui pend au plafond

Mais alors comment fait-on un luminaire ?


En étant producteur d’émotions lumineuses !

La lumière est une matière, il faut la comprendre pour la travailler.

La lumière illumine l’obscurité, mais elle est invisible. Il lui faut absolument un support pour exister. Le ciel par exemple, est bleu car la lumière prend appui sur les molécules de gaz de l’atmosphère sinon, rien, par la moindre clarté !

Elle interagit avec la matière qui l’environne. En effet, elle peut se diffuser au travers d’une porcelaine, elle peut miroiter sur du laiton poli, se refléter sur une cloche en verre, se disperser derrière un moucharabieh ou encore être arrêtée par un écran.

Quand vous explorez les possibilités de la lumière, vous vous rendez compte de tous les états qu’elle peut offrir.

Il y a tellement de mots qui décrivent ces états. Comme éblouissante, rayonnante, brillante ! Plus doux : chatoyante, scintillante, ondoyante. Presque absente : pénombre, clarté, lueur.

Cette aventure est vraiment enrichissante, elle me pousse à toujours sortir de ma zone de confort. Mon esprit tourbillonne, les idées fusent, les concepts prennent forme et les constructions mentales commencent à être pertinentes et surtout, me rendent heureux. J’ai le sentiment d’être aux manettes pour diriger le monde ! Enfin, le mien !

On relève les manches et on bosse et surtout on s'émerveille

L’étape suivante est de matérialiser tout ça. Imaginez, vous devez construire un truc. Ok. On commence par quoi ? Il faut des matériaux, des machines pour les travailler, pire encore, il faut les techniques pour faire d’un bout de bois un objet qui soit agréable à l’œil. Mince comment on allume des LED ? Aucune idée ! Merci YouTube et merci Google. Crotte de bique il y a des normes ! Où les trouver, les comprendre et les intégrer concrètement…

Je crois que je suis vraiment accro, car toutes ces contraintes font perdre un temps fou et si cette envie ne vient pas des tripes et bien vous abandonnez.

Maintenant, j’ai compris, intégré et remédié à ces premières étapes. Je sais faire un objet lumineux ! Il reste une dernière chose à faire, et c’est le travail de toute une vie je crois. C’est le sel ! La création.

 

Mise en situation Luminaire Alphonse le Botaniste version ébène et socle en laiton avec son lichen stabilisé coloré allumé de Luminophilie par Thierry Toutin

L'émotion dans la fabrication

En fait, c’est assez facile d’imaginer un objet. L’inspiration vient de partout, dans la rosée du matin qui scintille avec le soleil, dans la buée d’une vitre de train avec le paysage qui défile… 

Très souvent, il suffit de vouloir imaginer un projet pour le voir prendre forme dans votre tête. En général, je travaille comme ça : dès que je me mets en mode conception, je m’impose de dégager un premier axe et les idées s’ordonnent autour. Les contours du futur luminaire s’organisent. Les formes, la taille, comment la lumière est émise… Puis je rentre dans l’idée pour voir les détails des matières, les petites subtilités…

 

Stop ! Il manque un truc

Je ne me contente pas d’avoir un objet de plus. Quand le projet est prêt dans mon imagination, il reste cette étape qui consiste en l’effet wahou ! Si je ne le ressens pas alors poubelle. J’ai construit mon travail autour d’une vision. elle est simple : La fonction s’efface devant l’émotion.

Le plus dur est de ressentir la lumière. L’effet qu’elle aura sur les matières, quel impact elle aura sur les gens.

Tout ce travail qui consiste à imaginer puis à construire physiquement votre lampe, peut se traduire par absolument rien ! Il m’arrive que “ça ne marche pas” et à nouveau tout part à la poubelle. Ce coup-ci il y a tout le travail du prototype qui part en fumée.

Mais quand ça marche, vous allumez la lampe pour la première fois. D’un seul coup, tout prend sens. Tout le temps et l’énergie dépensés à construire se matérialisent en une émotion qui vous transperce. Vous jubilez comme un gosse à Noël. Vous ne pouvez plus retirer votre regard de cet objet qui vient de changer de statut. Il passe de projet à œuvre en un clin d’œil.

Je vous assure que ce sentiment est absolument jouissif !

Voilà pourquoi je fabrique des luminaires. Voici pourquoi je suis artisan d’art.

La fonction doit s’effacer devant l’émotion

Communication ON

Un ressenti ? une envie de vous exprimer ? Il ne faut pas le garder sur le cœur ! Dites moi tout.